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Narration occultée : colonialisme et racisme dans les premiers films muets

Dernière mise à jour : 13 janv.


Naissance d'une nation par D.W. Griffith

À l'aube du XXe siècle, les spectateurs ont assisté à la naissance du cinéma, un média qui allait façonner la culture et la conscience collective. Pourtant, sous la surface étincelante de cet art naissant se cache un spectacle plus inquiétant. Le cinéma naissant, malgré son caractère pionnier, était intrinsèquement lié aux attitudes coloniales et racistes de son époque. Cette analyse s'aventure dans les coins d'ombre de l'historiographie cinématographique pour contempler comment ces premiers récits ont préparé le terrain pour les normes sociales et l'évolution de la narration cinématographique.

La genèse du cinéma s'est déroulée sur fond de domination impériale et de ségrégation raciale, une dualité particulièrement prononcée aux États-Unis. Les images animées de cette époque n'ont pas seulement servi de reflets des visions contemporaines, mais ont été les architectes du sentiment public. À une époque où l'influence du cinéma sur l'opinion publique était en plein essor, son pouvoir s'exerçait avec une force intentionnelle.


Les premières représentations cinématographiques ont souvent dépeint les cultures non occidentales avec un regard condescendant, reléguant l'"autre" à des rôles d'infériorité ou d'excentricité. Des films comme "La naissance d'une nation" de D.W. Griffith, avec son "altérité" débridée, sans retenue et sans inhibition. La naissance d'une nation" de Griffith, avec sa vénération débridée du Ku Klux Klan, ne reflète pas seulement des idéologies suprématistes, mais contribue activement au canon cinématographique des stéréotypes raciaux. Ces récits dépassaient le cadre du divertissement passif ; ils étaient complices de la perpétuation d'une vision impériale du monde.


Au tournant du siècle, l'industrie cinématographique est devenue un bastion de la caricature raciale. Le blackface et d'autres représentations désobligeantes ne se contentent pas de refléter le racisme de la société, ils le réaffirment et le perpétuent. Ces images ont exercé une influence considérable, ancrant les stéréotypes raciaux dans la conscience collective de la population américaine.


Des films tels que "The Birth of a Nation" et "The Sheikh" offrent une fenêtre sur les perceptions raciales et culturelles de l'époque. Ces œuvres n'étaient pas singulières dans leurs points de vue, mais symptomatiques de croyances sociétales plus larges. Leurs récits, la construction des personnages et la réception populaire sont révélateurs des préjugés enracinés dans le tissu social de l'époque.

Aujourd'hui, la lignée de ces premiers films persiste, leur ADN étant tissé dans le tissu du cinéma moderne. Les stéréotypes et les récits que nous reconnaissons dans les récits contemporains trouvent leur origine dans les représentations problématiques du passé. Cet héritage permanent exige une critique vigilante, nous poussant à nous interroger sur la manière dont ces récits historiques continuent à façonner nos médias et nos perceptions.


Comprendre tout l'impact du début du cinéma sur la consolidation des idéologies coloniales et racistes, c'est faire un pas décisif vers un paysage médiatique équitable et inclusif. Cet examen est plus qu'un exercice académique, c'est un impératif de changement. Il invite les cinéastes, le public et les critiques à démanteler les ombres persistantes d'un passé inconfortable, en reconnaissant que la voie vers un avenir cinématographique plus inclusif est pavée des leçons de l'histoire. En rendant hommage à l'art du cinéma, nous devons aussi nous engager dans le travail de transformation qui consiste à le reconfigurer pour qu'il respecte les principes de diversité, d'équité et de vérité des récits, un engagement qui honore tout le spectre de l'humanité.

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